La fête républicaine.
La Révolution française et, à sa suite, la III° République ont été fertiles en représentations symboliques. Parmi les œuvres d’art, les emblèmes, les chants, les cérémonies... les grandes dates ont fortement contribué à affirmer l’identité républicaine et laïque de la France. Olivier Ihl, professeur à l’Institut d’études politiques de Toulouse, a montré l’importance de la fête républicaine. En particulier du 14 juillet adopté comme Fête nationale en 1880 pour célébrer la Fête de la Fédération (14 juillet 1790) qui a elle-même affirmé l’unité nationale en commémorant la prise de la Bastille de 1789. Cette dimension patriotique symbolique tend à s’effacer.
Les jours fériés.
La liste officielle des jours fériés en France est donnée dans le Code du Travail (article L22-1). Cette liste compte onze jours. Ils sont d’origine païenne (Jour de l’an, ...), chrétienne (Noël, Pâques, Pentecôte...) ou purement profane (Fête nationale, 11 Novembre...). La transformation progressive de la société française en société multiculturelle a fait surgir des propositions de prise en compte de ce fait dans le calendrier. La Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République, dite Commission Stasi, a notamment proposé en 2003 de « Faire des fêtes religieuses de Kippour et de l’Aïd-El-Kébir des jours fériés dans toutes les écoles de la République. Dans le monde de l’entreprise, permettre aux salariés de choisir un jour de fête religieuse sur leur crédit de jours fériés ». Ces fêtes, comme bien d’autres, nationales ou confessionnelles, sont célébrées sans problème (sauf pour l’ Aïd-El-Kébir) dans le cadre privé ou familial.

(Aïd al Adha of Aïd el Kebir)
L’Aïd-El-Kébir.
Pour les musulmans l’ Aïd-El-Kebir ou Aïd-El-Adha (la grande fête) commémore l’acceptation par Abraham du sacrifice de son fils Ismaïl. Un animal, en général un mouton, doit être égorgé et saigné rituellement après une prière suivie d’un prêche de l’imam. Chaque année environ 130.000 moutons sont abattus légalement dans 180 abattoirs et dans une trentaine d’autres, ouverts pour la circonstance. Mais leur nombre reste insuffisant et des centaines de moutons sont abattus hors des conditions légalement prévues. Il suffirait d’en prévoir suffisamment pour mettre fin à une partie des polémiques suscitées par cet abattage (pratiqué par les juifs et les musulmans). Il est réglementé par un arrêté du 12 décembre 1997, relatif aux procédés d’immobilisation, d’étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs et un décret n° 97903 du 1er octobre 1997 relatif à la protection des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort. L’abattage rituel ne peut s’exercer que dans un abattoir. Il ne doit être effectué que par des sacrificateurs habilités , et les animaux doivent être immobilisés avant et pendant leur saignée. Des théologiens, juifs et musulmans, acceptent l’électronarcose (qui étourdi l’animal sans le tuer) avant l’égorgement. Une mise en pratique généralisée limiterait là aussi les polémiques. Par ailleurs les conditions générales d’abattage des animaux,hors de toute question religieuse, a suscité de nombreux commentaires. Un article de la revue Ruralia en fait état sur son site :
RURALIA
Dans la fonction publique.
Depuis une circulaire de 1967, les fonctionnaires sont autorisés à s’absenter, sans nuire au fonctionnement normal du service, pour participer à certaines fêtes religieuses ou nationales. Trois jours par an pour les orthodoxes, les Arméniens, les musulmans et les juifs. Un jour pour les bouddhistes. Une circulaire annuelle du Ministère de la Fonction publique indique les dates.