Les sociétés traditionnelles furent et restent des sociétés séparant les hommes et les femmes durant la plupart de leurs activités quotidiennes. Une des caractéristiques des sociétés modernes est la

(Charte de l’égalité homme-femme)
généralisation de la mixité dans les rapports sociaux entre femmes et hommes. La mixité n’est pas fondée sur un texte de loi. C’est l’égalité qui est affirmée par de grands textes juridiques.
On considère toutefois la mixité comme une valeur car elle rend concrète, au moins en partie, l’émancipation des femmes, leur libre participation à tous les aspects de la vie sociale. En ce sens, la mixité est un incontestable progrès et une valeur à défendre.
Mais la mixité des sexes connaît en France une double caractéristique.
La première est le retard considérable par rapport aux autres pays européens, y compris ceux que l’on considérait particulièrement masculins comme l’Espagne. L’égalité entre homme et femme, à la fois sur le plan civique et privé ainsi que sur le plan politique y a été tardivement consacrée et souffre encore d’un déficit grave.
La seconde ; est que le débat féministe est plus complexe qu’on ne le croit. On peut, en effet, défendre les femmes sur la base d’un principe républicain d’égalité afin de mettre fin à une véritable discrimination (emplois, représentation politique, éducation), mais une autre défense des femmes se fait jour sur la base d’un différentialisme naturel qui exigerait des places spécifiques pour les femmes. Evidemment, des attitudes intermédiaires existent entre ces deux positions.
Aujourd’hui, le débat féministe est aussi un débat interne aux féministes.
Non obligatoire, la mixité reste un choix dans toutes les activités privées. De nombreuses associations ne sont accessibles qu’aux hommes ou aux femmes. L’exemple le plus répandu est celui des clubs sportifs dans lesquels la séparation est justifiée par le jeu des différences physiques lors dans les pratiques de compétition. Des associations religieuses, philosophiques, voire féministes suivent également cette option non mixte. Au-delà de ces associations officiellement déclarées, des nombreux groupes de fait ne sont pas mixtes. Ces choix reposent sur des « affinités électives". Ils se manifestent dans des lieux qui permettent un certain recul par rapport à la société globale. Ils ne sont pas imposés et les pratiquants volontaires en sont informés.
La question de fond consiste à distinguer entre ségrégation imposée et libre choix. Que faut-il penser, par exemple, de l’annulation du tournoi de basket féminin intermosquées prévu le 29 juin au gymnase municipal de Vigneux (Essonne) ?

(www.zelector-mjc.org)
C’est dans ce cadre commun à tous qu’il faut réfléchir aux questions, actuellement passionnelles, soulevées par l’attribution
d’horaires spécifiques aux femmes par des piscines municipales. Les risques de ségrégation ou de dérives communautaristes, avancés par certaines critiques sont bien évidemment à prendre en compte. Mais, il faut aussi considérer qu’il peut s’agir d’un premier pas permettant de sortir d’une ségrégation de fait et donnant la possibilité à des femmes, qui pour des raisons personnelles, notamment de pudeur, ne vont pas à la piscine de pouvoir pratiquer la natation. Une telle démarche doit se concevoir dans une perspective d’intégration et ne peut donc être acceptée dès lors que la demande est faite sur des bases exclusivement religieuses. D’ailleurs, les clubs sportifs féminins bénéficient, sur la même base que tout autre club, des équipements sportifs municipaux ou autres à des horaires précis. Aussi, il convient d’éviter que, sous la pression médiatique, s’engagent des polémiques inutiles au nom de principes généraux et provoquent dans la réalité des faits des situations contraires à ces principes.
L’égalité, en revanche, entre toutes les citoyennes et tous les citoyens de ce pays est un des principes fondamentaux de notre République. L’Egalité en général est inscrite dans notre devise : Liberté Egalité Fraternité. Elle est garantie constitutionnellement. Et là, l’examen de notre société fait apparaître de nombreuses et graves inégalités entre femmes et hommes.
Malgré un progrès relatif au cours des dernières décennies ces inégalités restent fortes aussi bien dans la vie professionnelle que dans la vie privée. L’application de certaines lois peut aider à l’évolution des mentalités.