Pour l’essentiel, la question se pose pour les cantines scolaires des écoles du premier degré.
Pendant longtemps, dans une France fortement imprégnée socialement par la culture catholique, le fait de réserver le vendredi pour le poisson ne soulevait que quelques objections sans une réelle volonté de remise en cause. Par contre, la distinction était faite entre cette pratique admise autant pour des raisons culturelles que cultuelles et des revendications strictement religieuses.
Par exemple, la demande de servir du pain béni était refusée au nom des principes de laïcité et généralement, l’Eglise catholique ne poussait pas plus loin la demande.
Aujourd’hui, dans une France où près du tiers de la population se déclare sans religion et où les autres se réfèrent à plusieurs, les prescriptions religieuses en matière de nourriture prennent un tour nettement moins consensuel.
Depuis quelques années, des demandes de plats alternatifs au cochon lorsqu’il est servi en plat de résistance sont apparues. La plupart des juifs religieux ayant placé leurs enfants dans l’enseignement privé juif, ces demandes émanent principalement de familles musulmanes. A la suite de nombreux tâtonnements et polémiques qui perdurent dans plusieurs établissements des solutions pragmatiques se dégagent. S’il n’est pas question de supprimer complètement le porc des menus, comme cela a pu arriver en France et se pratique dans des communes belges (à Molenbeek...), le self-service a permis de résoudre bien des problèmes. Cette solution, la plus fréquente, résulte d’une concertation entre les directeurs d’école, les municipalités et les parents.
Lors de la rentrée de 2008, la ville de lyon proposera dans ses services de restauration scolaire des repas sans viande à côté de repas classiques. Cette décision, une première en France, résulte d’une concertation avec diverses associations, laïques et confessionnelles.Un reportage montre comment ce type de décision a été mis en pratique Reportage
Lorsque les enfants sont servis à table, des raisons de service ou d’économie sont souvent invoquées pour organiser des tables spécifiques en fonction des plats. Si on peut comprendre les difficultés des agents de service, cette solution est inacceptable car bien évidemment source de ségrégations.
La proposition de plats respectant tous les interdits religieux casher dans le judaïsme, hallal dans l’islam, n’est pas prévue et on doit faire comprendre aux élèves comme à leurs parents que cela n’est pas souhaitable dans un établissement public.